Le Patriarcat d'Alexandrie

appelé aussi

Eglise copte-orthodoxe.

 

UNE EGLISE LOCALE 

 

L’Eglise d’Alexandrie est plus communément appelée Eglise copte orthodoxe.

 

Le mot copte désigne la population et la culture héritières de l’Egypte antique des pharaons. Le vocable copte dérive du grec aigyptos qui est la déformation phonétique du hiéroglyphe de Memphis "Hi Ka Ptah " c’est-à-dire " la maison de l’Esprit de Ptah ". Ptah était pour les habitants de Memphis le dieu protecteur en sa qualité de créateur du monde visible par la puissance de son cœur et de sa parole.

 

 

 

Le vieux nom sémitique du pays était Mizraïm, en arabe Misr, en copte Remenkimi, peuple de Kimi, peuple de la terre noire.

 

Lors de l’invasion arabe (641 ap. J-C.), les musulmans ont utilisé le mot "guibte " ou " copte " pour désigner les Egyptiens, qui, à l’époque, étaient tous chrétiens; peu à peu, une identification s’est faite entre "copte " et "chrétien"

 

En réalité, le mot " copte " recouvre en fait de multiples concepts, il désigne les Egyptiens demeurés chrétiens après la conquête arabe et jusqu’à nos jours, mais aussi la langue, l’art et la civilisation de l’Egypte entre la fin de l’époque ptolémaïque et l’arabisation du pays, soit, environ, de 30 av. J-C. jusqu'au Moyen Age.

 

Depuis que les Egyptiens ont reçu la foi chrétienne, ils se sont organisés en Eglise locale autour de l’Archevêque de la " grande ville d’Alexandrie ". Plus tard, cette église est appelée Patriarcat copte orthodoxe d’Alexandrie.

 

 

LES ORIGINES

 

Dans le récit de la Pentecôte, rapporté par les Actes des Apôtres, 2, 6-12, la présence d’Egyptiens est explicitement mentionnée ; il s’agissait selon toute probabilité de commerçants d’Alexandrie; selon la tradition, l’Egypte aurait été christianisée très tôt, par l’Evangéliste Saint Marc.  Les recherches plus récentes semblent confirmer la christianisation rapide et précoce de l’Egypte par le biais de la communauté  juive  d’Alexandrie   on  peut  expliquer  ce  phénomène  par  diverses conjectures, et en particulier par l’existence de similitudes entre la religion de l’époque pharaonique et le christianisme.

 

Quoiqu’il en soit, l’Eglise (encore appelée Eglise d’Alexandrie ou Eglise copte) est très vite devenue l’un des grands centres de la Chrétienté au cours des premiers siècles de notre ère. Abondamment persécutée sous Dioclétien (284 ap. J-C), elle est ensuite devenue le berceau des grands débats théologiques sur la formulation des différents dogmes chrétiens, et elle a vu naître et fleurir de façon spectaculaire le monachisme chrétien. Elle joua également un rôle prépondérant dans la lutte contre les hérésies, et fournit à l’Eglise universelle de très grandes figures de saints et de pères de l’Eglise: Antoine, le père de tous les moines, Pacôme, fondateur du cénobitisme, Athanase, champion de l’Orthodoxie, Cyrille, chantre de la maternité divine de Marie, Clément et Origène, pionniers de la théologie dogmatique chrétienne, et bien d'autres.

 

Dans le même temps prenait forme un "art copte ", héritier de l’ancienne Egypte, marqué par le christianisme.

 

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La langue copte, quant à elle, est née avant l’ère chrétienne: il s’agit de l’ancienne langue égyptienne utilisée avec ses caractères hiéroglyphiques pendant toute la période pharaonique, mais transposée deux siècles avant notre ère en caractères grecs. Autrement dit, l’alphabet grec a remplacé les signes hiéroglyphiques pour donner les mêmes phonèmes. C’est cette langue que parlaient encore les Egyptiens lors de la conquête arabe (VII siècle), et jusqu’au Moyen Age. Donc les Egyptiens devenus chrétiens aux premiers siècles priaient en copte, ce qui explique que cette langue se soit maintenue dans la liturgie chrétienne d’Egypte.

 

 

SAINT MARC, FONDATEUR DE L’EGLISE D’ALEXANDRIE

 

            L’Eglise Copte Orthodoxe, connue dans l’histoire sous le nom d’Eglise d’Alexandrie, a été fondée par Saint Marc l’Evangéliste, à Alexandrie, où il vint prêcher la Bonne Nouvelle en 42. L’historien Eusèbe (260-340), évêque de Césarée, auteur de l’Histoire ecclésiastique, parle de la venue de Saint Marc à Alexandrie, envoyé par Saint Pierre. Selon la tradition, Saint Marc retourna une seconde fois à Alexandrie, en 61, où il trouva une communauté chrétienne déjà florissante et trois églises. Avant de sceller son œuvre avec son sang par le martyre en 68.

 

 Saint Marc consacra Anianos qui lui succéda comme second évêque d’Alexandrie et ordonna sept diacres et trois prêtres. Le succès de la jeune église d’Alexandrie fut si remarquable, qu’à la fin du 2ème siècle, elle comptait de nombreux fidèles sous Démétrios (199) douzième Patriarche d’Alexandrie.

 

L’ECOLE THEOLOGIQUE D’ALEXANDRIE

 

 

Pour affermir la foi chrétienne face aux grandes institutions païennes d’Alexandrie (Muséon, bibliothèque, écoles philosophiques) et contre les systèmes religieux producteurs de " fausse gnose ", les évêques d’Alexandrie fondèrent la première "université " chrétienne appelée Didascalée.

L’école théologique d’Alexandrie  joua  un rôle  déterminant  dans l’expression de la théologie chrétienne.

Parmi ses maîtres les plus éclatants, on peut citer les pères apostoliques Barnabas, Athénagore, Panthène, Clément.

 

                                               

 

Le grand Origène s’y illustra avant d’être exilé à Césarée de Palestine. Héracléas, Saint Denis le Grand et Saint Didyme l’aveugle ne furent pas moindre que les saints évêques théologiens et pères de l’Eglise Athanase et Cyrille.

Les grands théologiens, pères de l’Eglise, Saint Basile le Grand, Saint Grégoire le  Thaumaturge,  Saint  Grégoire  de Naziance,  Saint Jean Chrysostome  ainsi que Saint Jérôme et l’historien Rufin furent les élèves du Didascalée d’Alexandrie.

 

LE MONACHISME

 

 

                                                                                                  

Le monachisme s’est développé en Egypte dès le début du 3 ème siècle sous la forme érémitique avec Saint Paul de Thèbes (234-347), la forme anachorétique avec Saint Antoine (251-356) et la forme cénobitique avec Saint Pacôme (276-439) qui, le premier, institua la règle monastique laquelle, traduite par Saint Jérôme, servit de base à Saint Benoît.

Les paroles (apophtegmes) des moines de Scété nourrissent toutes les générations de chercheurs de Dieu.

                           

             

De nos jours, le monachisme en Egypte est resté une vivante réalité. De nombreux moines, jeunes et universitaires pour la plupart, vivent principalement dans les monastères du désert de Wadi-Natroun et de la Mer Rouge, perpétuant ainsi la tradition des Pères du Désert. La journée du moine se partage entre le jeûne, la prière, le travail manuel et l’étude des livres saints. Les évêques et le Patriarche sont choisis parmi les moines. Le clergé séculier, selon la tradition, est toujours marié. Les prières des moines coptes, âmes contemplatives, aujourd’hui comme hier, continuent à profiter à l’Eglise toute entière et à tout l’univers.

 

 

ŒUVRE MISSIONNAIRE

 

Le mouvement missionnaire commença très tôt en Egypte, dès le début du Christianisme. L’œuvre d’évangélisation commença en Haute-Egypte, à Assouan, puis atteignit le Soudan, l’Ethiopie, la Palestine, la Syrie, la Cappadoce, la Césarée, la Lybie, la Phrygie, le Sinaï et le Yémen.

Pantène fit œuvre missionnaire en Inde, Saint Eugène de Cloyma (Suez) fonda le monachisme en Mésopotamie et dans l’empire persan.

 

L'Occident comme l'Orient a bénéficié du rayonnement de l’Eglise d’Egypte:

 

En 285, la légion thébaine menée par Maurice arriva en Suisse. Elle subit le martyre et Saint Maurice donna son nom à une ville. Félix et Régula prêchèrent l’Evangile et convertirent Zurich. Les reliques de Saint Victor sont vénérées à Genève; celles de Véréna, la sœur de Maurice sont vénérées à Zurzach-en-Aargau.

L’Eglise d’Irlande compte parmi ses pionniers de la foi, sept moines égyptiens.

En 330, saint Jean Cassien érigea à Marseille deux monastères sur le modèle de ceux des déserts de Thébaïde et de Scété .

Saint Athanase envoya saint Frumence pour fonder l’Eglise d’Ethiopie. 

Saint Front le premier évêque de Périgueux  fut  moine du désert de Nitrie, saint Aphrodyse vint apporter d’Egypte la foi à Béziers, saint Just, évêque de Lyon à la fin du IVème siècle se retira dans le désert d’Egypte pour terminer ses jours en anachorète.

 

Par l’intermédiaire de saint Jean Cassien, des usages liturgiques égyptiens sont probablement à l’origine des anciens rites gallican et wisigothique.

 

LES TROIS CONCILES OECUMENIQUES

 

L’Eglise copte orthodoxe confesse la foi définie par les trois Conciles Œcuméniques de Nicée, Constantinople et Ephèse

 

Au premier Concile Œcuménique de Nicée en 325, saint Athanase (295-373) vingtième Patriarche d’Alexandrie, que l’Eglise appelle l’Egal aux Apôtres, fut le champion de la substance unique de la Trinité et de la définition selon laquelle le Fils est de même substance « homoousios » que le Père. Il établit le symbole de la foi, en luttant contre les hérésies qui ravageaient l’Eglise de tout le  Bassin méditerranéen  et  notamment contre  la doctrine d'Arius, qui disait que  le Logos (en latin Verbum Verbe) n’est  pas éternel, est une créature, et donc n'est pas véritablement Dieu de Dieu.

 

Au cours du second Concile Œcuménique de Constantinople en 381, Saint Théophile, vingt-troisième Patriarche d’Alexandrie, consacré en 384, souligne avec les autres Pères du Concile qu’en Dieu l’unité absolue est inséparable d’une diversité non moins absolue. Le Père Saint est la source de la divinité, il est un avec son Fils et son Esprit. Le Saint Esprit procède du Père, il doit donc être honoré comme Dieu.

 

Saint Cyrille, vingt-quatrième Patriarche d’Alexandrie, consacré en 412, mort en 444, président du troisième Concile Œcuménique d’Ephèse en 431, définit une union parfaite de la divinité et de l’humanité en Christ.

Avec le Concile Œcuménique d’Ephèse, l’Eglise copte orthodoxe affirme que Jésus-Christ est parfaitement Dieu, parfaitement homme, sans division de sa personne agissante. Pour cette raison, Marie la Vierge est appelée Mère de Dieu, car elle a effectivement engendré dans la chair le Logos de Dieu fait homme.

Avec Saint Cyrille, l’Eglise confesse que " le Seigneur Jésus est un de deux natures: la divinité et l’humanité sont unies en lui en une union complète, parfaite, indivisible et inséparable ". Il n’y a pas absorption d’une nature par l’autre.

                                                                   

 

LA TRAGEDIE DE CHALCEDOINE

 

Pendant le pontificat de Saint Dioscore, en 451, eut lieu la tragique méprise de Chalcédoine. Tous les évêques de ce concile avaient l’ambition d’être fidèles à la doctrine de Saint Cyrille. Hélas, ils ne se comprirent pas et s’accusèrent qui de nestorianisme par la séparation entre la nature humaine et divine du Christ, qui de monophysisme par l’absorption de la nature humaine dans la divinité.

Aucun des deux partis  ne confessait  de cœur  ce dont l’autre l’accusait,  même si les définitions verbales n’étaient pas parfaitement claires.

Une rupture entre les Eglises suivit ce malheureux concile. Elle aboutit au prétendu "monophysisme " copte ou schisme de 451.

 

Jusqu’en 451, l’Eglise Universelle se composait essentiellement des cinq grandes Eglises patriarcales : Jérusalem, Alexandrie, Rome, Antioche, Ephèse qui fut remplacée à la fin du 4è siècle par Constantinople (Byzance).

 

Lors du Concile de Chalcédoine, Rome et Byzance définirent le Christ comme un en deux natures: la nature divine et la nature humaine. L’Eglise d’Alexandrie contesta cette définition, et voulut insister sur l’unité du Christ en suivant la formulation de Saint Cyrille d’Alexandrie. Le saint Patriarche Sévère d'Antioche expliqua que dire en deux natures était probablement exact mais offrait la possibilité de séparer les natures et de considérer le Sauveur comme il n'avait jamais été: l'homme d'une part, le Dieu d'autre part. Pour désigner la réalité du Sauveur, le mot exact est Théanthropos: Dieu-Homme.

 

Les Eglises contestant la formule de Chalcédoine proclament donc que le Christ est un de deux natures, la divine et l'humaine, "sans mélange et sans confusion ".

La question étant aussi de savoir s'il existe une nature fondamentale en soi qui puisse exister sans reposer dans une personne (hypostase) vivante, ou dit plus rudement: la divinité peut-elle être vraie et vivante sans la personne du Père, du Fils et du Saint Esprit? ou l'humanité existe-elle en soi sans Adam et  sa descendance?  Plus tard se posera une autre question: la volonté relève-t-elle de la nature ou de la personne? Selon la manière de concevoir les relations de la nature et de l'hypostase, la réponse peut-être différente sans que l'une ou l'autre soit fausse.

Les Eglises orientales ont aussi rejeté la manière dont les pères de Chalcédoine concevaient la complicité de l'Eglise et de l'Etat dans les matières religieuses et  aussi la première revendication de Rome à une primauté absolue  et solitaire en matière de dogme et de pouvoir canonique.

 

Les conséquences de la séparation au 5ème siècle furent très graves pour l’Eglise Universelle et pour l’Eglise d’Egypte. En effet, à partir de ce concile, l’Eglise d’Egypte connut vis-à-vis du monde occidental une forme d’isolement qui allait durer pratiquement jusqu’à l’époque contemporaine. (grâce à cet isolement aussi, elle a pu conserver dans toute son authenticité originelle la tradition apostolique reçue de saint Marc et des apôtres).

Elle eut également à subir de nombreuses persécutions de la part de l'empire  byzantin.

 

Son affirmation d’une foi en "une seule nature du Christ incarné" (le mot "fusis" traduit par nature  désignait pour saint Cyrille l'hypostase  ou personne) lui valut en effet d’être classée comme "monophysite"; or, ce terme monophysisme recouvre un tout autre sens: il signifie la négation soit de l’humanité, soit de la divinité du Christ.

Pendant quinze siècles, les historiens et théologiens occidentaux se sont lourdement trompés sur la foi des coptes par ignorance des textes ou par mauvaise foi  s'attachant à des énoncés formels sans se poser la question de leur exacte signification. Heureusement dès le début du 20è siècle, des grands théologiens auteurs d'articles du "dictionnaire de Théologie catholique" se sont penchés sur la réalité de la foi des Eglises Orientales et les ont lavées de l'accusation de monophysisme. Hélas, la paresse et l'absence de mise à jour des connaissances, font encore écrire à certains auteurs des sottises sur le prétendu monophysisme copte ou syriaque.  

 

La foi en l’Incarnation du Logos vrai Dieu est constamment affirmée et attestée dans l’Eglise d’Egypte, aussi bien dans les textes liturgiques et l’enseignement des pères que dans l’usage du Symbole de la foi (credo) commun aux Eglises d’Orient et d’Occident, celui de Nicée- Constantinople.

 

 

                                                      

                      

La tradition iconographique est une autre preuve, s’il était nécessaire, de l’orthodoxie de la foi des Coptes en l’Incarnation. On est même frappé, en étudiant la spiritualité copte, de voir à quel point elle est "incarnée "  il suffit pour s’en convaincre de lire des œuvres contemporaines, comme les ouvrages du Pape Shénouda III, et du père Matta el Maskhîn.

D’ailleurs, il serait incompréhensible que l’Eglise qui a formé un Saint Athanase, champion de l’orthodoxie et auteur d’un ouvrage fondamental intitulé "de l’Incarnation ", ait pu, en quelques décennies, dévier vers une hérésie niant ce mystère essentiel de la foi chrétienne.

           

L’Eglise copte, pour insister sur l’authenticité de sa foi, revendique le titre d’Eglise "orthodoxe " tout en conservant bien sûr précieusement la proclamation de son universalité exprimée dans le terme "catholicon" "catholique" qui figure dans tous ses actes liturgiques.

 

 

LA RECHERCHE DE L’UNITE CHRETIENNE

 

Avec les autres Eglises orthodoxes orientales des trois Conciles dites Eglises pré-chalcédoniennes que sont l’Eglise arménienne apostolique, l’Eglise syrienne orthodoxe d’Antioche, l’Eglise éthiopienne orthodoxe, l’Eglise orthodoxe d’Erythrée et l’Eglise malankare orthodoxe syrienne, la pleine communion est naturelle. Ces Eglises ont en commun la foi des trois conciles œcuméniques et la tradition apostoliques. Elles acceptent pour les questions non réglées par les trois conciles le principe de la libre opinion selon la formule d'Augustin d'Hippone: "l'unité dans les choses nécessaires et importantes, la diversité dans les autres, la charité en toutes choses".

 

 

Sous l'influence du saint Pape Cyrille V,  l’Eglise copte s’est lancée avec ferveur et très tôt dans le mouvement œcuménique. Elle a réalisé dans ce domaine, sous le Patriarcat de sa sainteté abba. Shénouda III, de véritables pas de géant.

 

Avec les autres Eglises orthodoxes, chalcédoniennes dites byzantines, les anathèmes ont été levés et des commissions étudient actuellement la mise en place de l’intercommunion  et d’une pastorale commune. Des accords ont été signés notamment sur la célébration des mariages et pour les Eglises d'Antioche, la présidence liturgique de l'évêque syriaque ou byzantin dans la communauté qu'il visite, quelque soit son appartenance canonique.

 

Des accords de foi ont été signés entre les Eglises Orthodoxes byzantines et Orthodoxes orientales; les derniers en 1989, au monastère Amba Bishoï de Scété confirment la déclaration suivante :

Nous reconnaissons les uns chez les autres l’unique foi orthodoxe de l’Eglise. Quinze siècles de discordes ne nous ont pas égarés de la foi de nos pères. Sur l’essentiel du dogme christologique, nous nous sommes trouvés en plein accord. A travers les terminologies différentes utilisées par chacune des parties, nous avons aperçu l’expression de la même vérit"".  Notre accord mutuel n’est pas limité à la christologie, mais embrasse toute la foi de l’Eglise une et indivisible des premiers siècles".

 

            Avec l’Eglise catholique romaine, une " déclaration de foi commune " a été signée en 1973 entre les Papes Paul VI et Shénouda III.

Elle levait définitivement et officiellement l’ambiguïté du terme "monophysite " appliqué de façon erronée à la foi des chrétiens coptes, les deux Eglises réaffirmant l’incarnation divine de Jésus-Christ."

Pour l’essentiel de la foi, les deux Eglises sont extrêmement proches: le canon des Ecritures, la succession apostolique des évêques, les sacrements et la liturgie, malgré des différences de rites, sont fondamentalement les mêmes; la vénération de Marie comme Mère de Dieu, Sa virginité, Son Assomption, la Communion des saints sont autant d’articles de foi communs.

Cependant des divergences subsistent, qui font actuellement l’objet d’études bilatérales; l’Eglise copte, de même que les Eglises orthodoxes issues de Byzance, s’interroge sur la manière de penser et d'exercer la primauté par l’évêque de Rome; selon l’interprétation copte, la phrase du Christ " Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise " concerne la foi de Pierre et non sa personne; en effet, l’expression de Pierre "Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant " représente une profession de foi exemplaire, en laquelle le Christ reconnaît une foi " solide comme un roc"

L’Eglise copte proclame  selon la Parole du Sauveur en Jean 15, 26 que le l’Esprit Saint procède du Père, (le concile de Nicée a repris l'énoncé dans sa confession de foi).  Elle s'interroge sur les dogmes romains du purgatoire, et l’Immaculée Conception, de l'infaillibilité du pape romain. 

   

           

 

Un dialogue d'information réciproque est également en cours avec les diverses Eglises protestantes et l’Eglise anglicane

 

Précisons toutefois que, dans la mentalité copte, l’œcuménisme est envisagé avant tout comme une démarche spirituelle: il ne s’agit pas de rechercher une uniformité mais bien une union " sans mélange ni confusion ", par l’ouverture à l’autre, la fidélité à sa propre foi, et l’approfondissement spirituel dans la prière et la charité.

 

L’EGLISE ET LA SPIRITUALITE COPTE  

       

            L’Eglise copte orthodoxe est dirigée hiérarchiquement par l’évêque d’Alexandrie, élu au rang de " Pape d’Alexandrie et Patriarche de la Prédication de Saint Marc" .

 

                                                       Sa sainteté Abba Shénouda, Pape et patriarche d'Alexandrie

                                                       

 

 

 

 

Le terme de " pape" a été attribué à l’évêque d’Alexandrie dès le 3ème siècle et confirmé au 4ème siècle pour Saint Cyrille, il est aussi utilisé par l'évêque de Rome et celui de Carthage, il est toujours en usage (Certains évêques des Gaules comme celui de Vienne portaient jadis ce titre). Selon la Tradition Egyptienne, cet évêque-pape-patriarche occupe le siège apostolique de Saint Marc, évangélisateur de l’Egypte.

 

Les évêques sont choisis parmi les moines, et ne sont donc pas mariés. Les moines (célibataires par définition), peuvent également être ordonnés prêtres. Les prêtres séculiers en revanche doivent être mariés,  pour pouvoir recevoir l’ordination ; il existe en effet une hiérarchie des sacrements, qui doivent être reçus dans un certain ordre. Les diacres et sous-diacres sont très nombreux, car leur rôle est essentiel dans la liturgie ; ils dialoguent avec le prêtre officiant et assurent le chant des hymnes.

 

Les eucharisties de l’Eglise copte orthodoxe sont célébrées selon les traditionnelles liturgies de Saint Marc (appelée aussi de Saint Cyrille), de Saint Basile et de Saint Grégoire. L'eucologe ancien du monastère blanc témoigne de l'usage de nombreux autres formulaires du cœur du rite eucharistique.

 

                                                         

 

L’Office divin est confié à tous les fidèles comme expression de leur sacerdoce royal, outil de leur propre sanctification pour le Salut de tous.

 

Les offrandes de l’encens du soir et du matin, offices du ministère sacerdotal sont des rites originaux de la tradition égyptienne.

 

La simplicité du rite et son expression mystique en fait la prière par excellence du peuple chrétien réuni en Eglise par le Christ lui-même.

 

La spiritualité copte mêle de façon remarquable le quotidien et le spirituel ; très "incarnée " nous l’avons dit, elle est aussi de plain-pied avec le spirituel. En Egypte le miracle est quotidien, la prière immédiate. Il n’existe pas de clivage entre "contemplation " et "action "», chacun étant appelé à mener le combat spirituel par les armes de la prière, du jeûne et de la charité, et à vivre «" dans le monde " sans "être du monde ".

 

 

L’EGLISE COPTE ORTHODOXE DE FRANCE

 

Le 2 Juin 1974, Sa Sainteté Shénouda III, Pape d’Alexandrie et Patriarche de la Prédication de Saint Marc, a consacré Abba Marcos premier évêque pour les Coptes Orthodoxes de l’immigration en France, et ordonné Abba Athanasios chorévêque pour l’assister, tous deux hiéromoines du monastère Saint Bichoï de Scété (Egypte).

Le même jour, la France a été constituée comme Eparchie  (diocèse) Copte Orthodoxe.

 

Depuis la fondation de l’Eparchie, des Français de souche, attirés par la spiritualité et la tradition de l’Eglise Copte Orthodoxe se sont joints à une deuxième et troisième génération de Coptes nés sur le sol français.

 

      

 

Sa Sainteté Shénouda III a institué l’Eglise Copte Orthodoxe de France, diocèse du Patriarcat copte orthodoxe d’Alexandrie, par un protocole signé de sa main et approuvé par le Saint Synode le 18 Juin 1994, afin de prodiguer à ces Français, qui désirent vivre le christianisme dans la spiritualité humble et équilibrée de la tradition alexandrine, les soins pastoraux dans leur propre culture,

 

 

Le 19 Juin 1994 Sa Sainteté Shénouda III a conféré à Abba Marcos la dignité de Métropolite de Marseille-Toulon et toute la France de l’Eglise Copte Orthodoxe de France. Il ordonnait évêque abba Athanasios.

                                 

                                        

                                                                                                                     

Aujourd’hui, en France, le Patriarcat Copte Orthodoxe d’Alexandrie est représenté  d'une part par " l’Eglise Copte Orthodoxe de France " composée de paroisses françaises ayant à leur tête le métropolite Abba Athanasios, et d'autre part par " l’Eglise Copte Orthodoxe en France " composée de paroisses égyptiennes de l’immigration dirigée par deux évêques, abba Lukas pour le midi de la France et abba Marc pour le reste du territoire.

 

L'Eglise copte-orthodoxe de France régie par la loi de 1905 est aussi appelée: Métropole Copte-Orthodoxe de France.

                                                                E-P

 Références:

 

-Dictionnaire de Théologie catholique

-Revue "Le monde copte", Limoges

                          © lettre de saint Elie, 34150 Montpeyroux, 1995        

                                                        

 

 

 

 

 mise à jour  oct. 2007-3-


 

présentation synthétique de l'Eglise