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La Ménorah ou Chandelier à 7 branches

 

 

Certains sont surpris de voir dans quelques unes de nos églises le chandelier à sept branches en bonne place. C'est qu'on suppose trop vite que les chrétiens ont renoncé à ce symbole parce que trop marqué par le judaïsme.  En fait, les monuments de l'Eglise primitive ont souvent associé à la croix le chandelier à sept branches que nous appellerons selon son nom juif "Ménorah".

Ce mot  "Menorah" provient du préfixe "Mé" indiquant la provenance d'une chose, associé à la racine hébraïque NouRaH, de NouR, (flamme, lumière) au féminin. MéNoRah signifie donc "qui provient de la lumière"; cette lumière, selon la mystique juive n'est autre que la Schékinah ou Présence de Dieu à sa création.

Nous allons poser notre regard sur toute la richesse du symbolisme de la ménorah tout au long de l'histoire, dans la Première Alliance, dans les Ecritures chrétiennes, la mystique juive et les pères de l'Eglise, l'archéologie nous aidera à visualiser le message.

                               

                                                    

La Première Alliance:

Le livre de l'Exode nous dit que Moïse  fit exécuter la ménorah sur le modèle du chandelier du Temple céleste, selon la description minutieuse donnée par le Seigneur Adonaï lui-même: "Tu feras un chandelier en or pur, en or battu; sa base et sa tige, sa coupe, ses boutons et ses fleurs feront corps avec lui. Six branches sortiront de ses côtés, trois branches du chandelier sur un côté, trois branches du chandelier sur l'autre côté. Sur une branche, trois coupes en forme d'amande avec bouton et fleur ; de même pour les six branches sortant du chandelier. Pour le chandelier lui-même <> boutons et branches feront corps avec lui, qui sera tout entier forgé d'une seule pièce, en or pur. Tu lui feras des lampes au nombre de sept ; on allumera les lampes de façon à éclairer l'espace qui est devant lui <> Vois donc et fais selon le plan qui t'est montré sur la montagne".  Exode 25,31-40

 

                                          

Nous reconnaissons une stylisation de l'amandier qui, selon une tradition rabbinique, figure l'arbre de vie du paradis toujours vert qui fleurit et porte du fruit en tout temps.  (la croix aussi est comparée par nos pères à l'arbre de vie)

Les lampes de la ménorah sont entretenues par Aaron et les lévites, elles doivent briller perpétuellement. Exode 30,7.

Notre "arbre de feu" est décrit à nouveau dans une vision du prophète Zacharie: "Je vois là un chandelier tout en or, avec un réservoir à son sommet et, sept lampes et de sept conduits pour ces lampes ; à ses côtés, deux oliviers, l'un à droite du réservoir, l'autre à gauche. Je repris et demandai à l'ange qui me parlait: "Qu'est-ce que cela représente, mon Seigneur ? " L'ange qui me parlait me répondit: < > "Ces Sept lampes représentent les yeux du Seigneur: ils inspectent toute la terre".  Zacharie 4, 1-6 +10b.

 

                                              

 

L'objet se réfère au chandelier de l'Exode, même s'il en est sensiblement différent par la forme. Il symbolise donc la présence de Dieu à toute sa création, le réservoir "l'abîme de miséricorde" de Dieu qui soutient tout, les sept conduits les canaux de la grâce septiforme, les sept lampes la lumière divine qui éclaire tout, puisque les lampes sont " les yeux de Dieu ".

Cette lumière se laisse voir selon la belle formule de la mystique juive: "Dieu se tourne vers nous quand nous nous tournons vers Lui" et aussi celle du psaume 36, 10b, "Dans ta lumière nous voyons la lumière".

 

Dans la Nouvelle et Eternelle Alliance:

 

Dans l'Apocalypse certaines images ne s'expliquent que par celle du chandelier à sept branches.

Ainsi, devant le trône de Dieu brûlent sept lampes ardentes qui sont les sept Esprits de Dieu Ap 4, 5, l'allusion à la vision de Zacharie 4, 10 b -est claire. Or, le Christ est appelé pour l'Eglise de Sardes "celui qui tient les sept Esprits" ou lampes Ap 3, 1, ce qui amène à distinguer en lui la menorah elle-même.

Il apparaît initialement au voyant de Patmos "au milieu des sept chandeliers d'or " Ap. 1, 12-13, dont il est dit plus loin qu'ils figurent "les sept Églises" Ap 1, 20.

 

                                           

                                                                          

Les deux prophètes du chap. 11 sont "les deux oliviers et les deux chandeliers qui se tiennent devant le Seigneur de la terre "; allusion transparente à la vision de Zacharie 4, 11-14.

 

Le chandelier est donc dans l'Apocalypse la figure du Christ en tant qu'il détient les sept Esprits de Dieu.

Jean  donne au symbole une extension qu'il ne semble pas avoir eue dans le judaïsme ancien; le chandelier figure aussi tous ceux qui se conforment au Christ: les prophètes et l'Église.

 

Dans la Mystique juive:

 

La ménorah est aussi une image de ce que doit être l'homme debout, éveillé en toute sa lumière potentielle: "une lampe du Seigneur est l’âme de l’homme". Proverbes 20, 27.  L’homme est montré comme une lampe il faut veiller à ce que l’homme-lampe soit constamment allumé. Pour le faire comprendre, des textes disent que le chandelier avait la forme d’un corps humain, à la base solide, et les trois branches latérales de part et d'autre sont comme des oreilles. Le Juif est toujours placé dans l’écoute de la Parole de Dieu, par la répétition continue du shémâ Israel. 

 

                                                          

 

Le chandelier à sept branches pouvait encore représenter le Messie sur qui repose l'Esprit de Dieu aux dons multiples selon la prophétie d'Isaïe 11,1; cette interprétation est donnée pour juive par Jérôme qui est le premier à l'attester, mais on la retrouve dans la littérature rabbinique. Dans interprétation juive, c'est le réservoir d'huile situé "au sommet " du candélabre, qui figurait le Messie chef de la Torah parce qu'à la tête du chandelier et éclairant le monde car porteur de sept lampes, sept dons de l'Esprit. Le Messie, l'Oint par excellence, est figuré par le réservoir d'huile, selon une interprétation qui va de soi dans le judaïsme, messie = oint de l'huile de sanctification. .

 

Selon une autre symbolique, on prenait surtout en compte les sept branches de la menorah. Flavius Josèphe et certains rabbins voyaient ainsi en elle le signe de la sanctification du sabbat, septième jour. Cette interprétation est encore connue de Didyme l'Aveugle.

Philon d'Alexandrie voit plutôt dans le chandelier à sept branches la figure du cosmos, du chœur céleste des sept planètes, qui dans le sanctuaire, évoquait la louange du cosmos à son créateur (sur Moïse32,3).

 La  tige centrale du chandelier, était, pour d'autres, l'arbre de vie même. Cette tige centrale, chez Philon, peut encore être le symbole du Logos.

 

Sur les tombeaux, la ménorah évoque la vie éternelle: dans la catacombe juive de Rome, une inscription parle de la vie éternelle comme retour aux astres (Savait-il que le corps de l'homme est poussière d'étoile?) Le chandelier rappelle à la fois la lumière de Dieu et l'éternelle lumière du séjour des élus.

 

                                              

L'archéologie du paléo-christianisme

 

Les historiens de l'art répètent à l'envie que la croix n’était pas un symbole utilisé par les premiers chrétiens, le premier symbole du Christ a été le poisson (IIe siècle) car en grec "poisson" s'écrit : IXTYS, ou ichthus, acronyme dont les lettres constituent les premières lettres de Iêsous Christos Theou Uios Sôtêr, c’est-à-dire "Jésus Christ, de Dieu le Fils, Sauveur". 

Dans les catacombes, il est aussi représenté sous les traits du bon berger (IIIe siècle). Ce ne serait qu'avec la reconnaissance de la chrétienté par Constantin le Grand, et encore plus à partir du Ve siècle, que les Chrétiens   commencèrent à  représenter la croix.     

     

C'est globalement exact, toutefois, l'archéologie du judéo-christianisme montre quelques exceptions notables: La croix accompagnée de la ménorah, l'ancre figurant la croix et aussi le navire dont les mats dessine une croix. Nous trouvons ces témoignages surtout en Palestine et en Afrique du Nord. Nous ne nous arrêterons dans le cadre de cette étude qu'aux représentations de la croix associée à la ménorah: Les témoins les plus parlants sont des linteaux de deux petites bourgades sur le plateau du Golan: Farj  et Er-Ramthaniyye.

 

 

Er-Ramthaniyye, linteau de basalte,gravé d'une croix solaire flanquée de palmes Lulav-Ménorah

 

Farj: linteau de porte de basalte. De gauche à droite: “croix latine” (crux  immissa) se détachant sur la colline du Golgotha; lettres grecques; menorah ; lettre grecque y; poisson de profil, na­geant vers la gauche et traversé verticalement par une croix; lettre grecque v, et au-dessous, croix solaire dans un cercle; grappe de raisins en forme de triangle quadrillé;           (Dessins S. Gibson).

Les caractéristiques iconographiques permettent de dater ces sculptures de 80 à 300 après la naissance du Sauveur.      

  

Restons encore pour  une figure à  Farj  sur un linteau de porte:

                                                               

 

Une lecture attentive   distingue la ménorah centrale frappée d'une croix centrale comme un mat de navire, avec un poisson, monogramme du Christ reposant sur le pied du chandelier. L'ensemble peut représenter un navire vu de face.  On peut imaginer que la maison qui s'ouvre sous ce linteau pourrait être une maison de prière, la préfiguration de l'Eglise, arche sainte du Salut.  

 

Quittons la Palestine pour nous rendre en Afrique du Nord. Les témoins les plus éloquents de la présence de la ménorah dans le christianisme sont les lampes à huile en terre cuite. La première que je vous présente provient de Catharge et son interprétation ne fait pas l'unanimité.

 

                                                    

Nous distinguons tête bêche le Christ vainqueur avec l'étendard de la croix écrasant le serpent et une ménorah. Certains veulent y voir la victoire du christianisme sur le judaïsme par la représentation du Christ foulant aux pieds le chandelier renversé, d'autres  à l'opposé comprennent l'iconographie comme l'union indissoluble de la Première et Nouvelle Alliance. Je penche vers la seconde interprétation car nos pères savaient bien que Christ "n'est pas venu détruire la Torah (Loi) mais l'accomplir". La polémique entre juifs et chrétiens, comme le montre la lettre de Barnabé, se limite à l'interprétation de la Loi et des prophètes, sans jamais, comme le fera Marcion, mettre en cause la validité de la Première Alliance. Il est peu probable que notre objet appartienne à la secte marcionite qui n'a laissé peu de documents archéologiques à l'exception des représentations de Marcion en maître de doctrine. Il ne faut pas croire que le Christ piétine la ménorah renversée, le chandelier occupe autant de surface que le Christ. Et d'autre part, il n'est pas renversé, mais seulement symétrique du Christ.  La discussion reste ouverte.

 

Une autre lampe à huile, déposée en 1855 au musée gallo-romain de Lyon, datée par Marcel Simon  (2) de la fin du 4è siècle ou du début du 5è siècle et provenant aussi d'Afrique du Nord sans autre précision  (Nous sommes sur les terres fertiles de christianisme d'Augustin d'Hippone et saint Cyprien de Carthage, avec leur brillantes communautés d'Algérie et de Tunisie), est remarquable par son très beau décor qui corrobore l'interprétation de l'union des Alliances de la première lampe carthaginoise. 

 

                                                

Nous y voyons un personnage barbu, la tête entourée d'une chevelure partagée sur le front, qui affecte la forme d'un nimbe, il n'est figuré que jusqu'au bas du torse. La partie inférieure du corps est remplacée une ménorah allumée.  Sur ce personnage, que nous pouvons identifier avec le Christ, reposent sur ses épaules, un oiseau, probablement une colombe, picorant une grappe de raisin stylisée. Nous pouvons y voir une image d'Apocalypse I, 12-16. Les sept candélabres qui entourent le Fils d'Homme ont pu se muer en un chandelier traditionnel à sept branches et de ce fait servir de base à la figure au lieu de l'entourer.

Les colombes picorant du raisin ont souvent une signification funéraire et parfois aussi eucharistique.

Le Messie fait corps avec le candélabre et pour ainsi dire en jaillit exactement comme la Nouvelle Alliance de la Première, unes et inséparables.

 

Les pères de l'Eglise:

 

Il ne faut pas chercher dans les écrits des pères l’unanimité de l’interprétation: héritiers de la tradition apostolique, donc aussi du judaïsme, ils joueront parfaitement de toutes les significations traditionnelles.

La ménorah, image de l’Esprit aux sept dons

C’est là le commentaire le plus évident.

Saint Irénée (202+), reprend à son compte l’explication de Philon sur le cosmos et en opère une synthèse avec l’Esprit Saint au sept dons :

"Le monde est entouré de sept cieux, où habitent des puissances innombrables, les anges et les archanges qui sont les liturges du Dieu tout-puissant et auteur de toutes choses. Non point que Dieu ait besoin des anges, mais il ne veut pas les laisser inactifs, inutiles. Pour cela l'Esprit de Dieu est multiple dans son influence intérieure. Le prophète Isaïe, en énumérant les sept dons, parle de cet Esprit qui se reposera sur le Fils de Dieu, c'est-à-dire sur le Logos au moment de son incarnation. Et en effet : “ L'esprit de Dieu ”, dit-il, “ se reposera sur lui, esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science et de piété ; l'Esprit le remplira de crainte de Dieu .-Isaïe 11, 2-. ” Or, le premier ciel, le plus élevé, celui qui contient les autres, c'est la sagesse; le second, c'est celui d'intelligence; le troisième, celui de conseil  et le quatrième, à partir d'en haut en descendant, c'est celui de force; et le cinquième, celui de science; et le sixième, celui de piété; et le septième est ce firmament-ci, plein de la crainte de cet Esprit qui illumine les cieux. Or Moïse en a reçu l'image dans le chandelier à sept branches, qui était continuellement allumé dans le sanctuaire. En effet, il a établi le culte à l'image des cieux, ce pourquoi le Logos lui dit : “ Fais selon le modèle qui t'est montré sur la montagne –Exode 25, 40". La prédication des apôtres…, (Trad. J. Barthoulot, Desclées,  1977)

                                                                      

Hégésippe, l'historien (180+) à Jérusalem, donne une interprétation analogue dans le passage où il décrit, en s'inspirant de Flavius Josèphe, le mobilier du Temple: "La lampe qui est aujourd'hui posée sur le candé­labre était autrefois sous le boisseau, c'est-à-dire sous le boisseau qu'est la Loi; maintenant, dans la plénitude à sept becs de la grâce, elle répand une abondante lumière, du fait que l'Esprit Saint éclaire le Temple par les sept vertus des grâces suprêmes de Dieu". ( Histoire ecclésiastique, 5, 9, 4)

 

Saint Chromace évêque d'Aquilée (409+), écrit que le chande­lier à sept branches est "le symbole de la lumière éternelle et véritable, c'est-à-dire de l'Esprit Saint qui illumine sans cesse tout le corps de l'Église par sa grâce multiforme".

 

Nous pourrions aussi citer saint Didyme l'Aveugle (398+), saint  Grégoire de Nysse (394+), saint Vincent de Lérins (vers 445+) et d'autres, seulement cela n'ajouterait pas grand-chose.

 

La Ménorah, figure du Christ

Saint Hippolyte de Rome, (235+), regarde le chandelier à sept branches et y voit le Christ, lumière du monde, sur la croix qui illumine  toute l'humanité. "Le Logos qui au temps où nous sommes, en un langage qui dit tout, apparaît sur le bois [de la croix] comme une lampe à sept branches sur un chandelier, afin d'appeler au salut, à sa propre lumière, jusqu'aux nations les plus lointaines" (fragments in de Genoude "Les Pères de l'Eglise traduits en français", 1843)

 

                                        

 

Pour saint Aphraate le Syrien (vers 347+), le candélabre est la croix à laquelle est suspendu le Christ, lampe éclairant le monde : "Quand le Christ est attaché à la croix, les ténèbres couvrent la terre de la sixième à la neuvième heure, et la lampe du sanctuaire s'éteint pour les Juifs, mais la lampe qu'est le Christ élevé sur la croix-candélabre brille alors pour les nations".

 

Saint Ephrem de Nisibe (373+) explique  aussi que "le corps du chandelier figure la croix et les branches partant du chandelier le règne du Christ crucifié qui s'étend au monde entier."

 

Saint Chromace d'Aquilée ne s'est pas arrêté sur la métaphore du chandelier image de l'Esprit, il y contemple aussi le Logos incarné, lumière du monde: "Cette lampe-là est l'incarnation du Christ manifestée par la Loi et les Prophètes, et elle n'est désormais plus cachée sous le boisseau de l'obscure parole de la Loi, ni enfermée comme dans un récipient par l'infidélité des docteurs et des Pharisiens; mais, placée sur la croix comme en un candé­labre [à sept branches], elle illumine toute la maison qu'est l'Église de Dieu. Le Christ est donc lampe par le mystère de l'Incarnation et soleil de justice par la gloire de sa divinité. Enfin, il a resplendi comme le soleil sur le candélabre de la croix, quand, par la prédication des apôtres qui sont comme des rayons, il a apporté la très claire lumière de sa connaissance au monde, notre Dieu et Sauveur qui est béni pour les siècles" in Mt. 19, 5, 4-5

La synthèse est posée par saint Didyme l'Aveugle pour qui le Logos incarné est le chandelier porteur des sept lampes de l'Esprit: "le chandelier représente l'âme et la chair assumées par le Sauveur lors de sa venue sur terre. Comment en effet ce chandelier ne serait-il pas tout en or, puisqu'il n'a ni commis ni même connu le péché, puisque sur lui reposent comme sept lampes l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil divin, de force, de science, de piété et de crainte de Dieu". in Zacharia 1, 281-282

 

La Ménorah, figure de l'Eglise

Saint Irénée étend l'image du chandelier, du Christ à l'Eglise qui est son corps:  "Partout l'Église prêche la vérité; elle est le candélabre à sept lampes qui porte la lumière du Christ". Adversus haereses 5, 20, 1

Saint Ambroise de Milan (397+) met en vis à vis  le chandelier à sept branches de l'ancienne Alliance, "l'Eglise, nouveau chandelier à sept branches brillant sur le monde, parce que porteuse de l'Esprit septuple: ce n'est plus Aaron qui allume cette lampe dans le sanctuaire, mais le Christ, grand prêtre de la Nouvelle Alliance, qui illumine l'Église par le don de l'Esprit''. (Homélies sur saint Luc 7,98)

 

                                                  

La Ménorah, figure des bonnes œuvres du chrétien

Le grand Origène s'attache à montrer la nécessaire synergie entre la grâce de Dieu et l'effort de l'homme. Dieu nous donne sa Parole et sa Torah comme une lumière pour éclairer notre route, l'homme doit fournir l'huile pour entretenir la lampe aux sept lumières.   

                                                 

"Le Seigneur parle d'un chandelier pur, il ordonne que les lampes soient allumées par le pontife et prescrit que leur lumière soit entretenue par l'huile donnée par le peuple. C'est pourquoi, si le peuple ne donne pas de l'huile, à ne pas douter la lampe s'éteindra et il n'y aura plus de lumière dans le sanctuaire. <> La Parole de la Loi et la Parole prophétique étaient une lampe enfermée dans une enceinte étroite. <> Mais dès que fut levé "le soleil de justice" <> à travers le monde entier se répandit la lumière de la science de Dieu. <> Maintenant, comme c'est le soir et la nuit jusqu'à la consommation du temps et jusqu'à ce que le jour nouveau du temps nouveau et de la lumière resplendisse, cette lampe brûle pour chacun de nous, fournissant l'éclat de la lumière, pour autant que la provision d'huile est entretenue par la richesse des œuvres bonnes".  Origène (253+), homélie 13 sur le Lévitique.    

                                                                                              + E-P

Bibliographie:

1- Claudine Dauphin, de l'Eglise de la circoncision à l'Eglise de la Gentilité, CNRS Paris, sd   (l'iconographie des linteaux de Farj provient de cet article)

2- Marcel Simon, un document du syncrétisme religieux dans l'Afrique romaine, Académie des Sciences et Belles Lettres, 1978, 2 (l'auteur se torture les méninges pour attribuer l'iconographie de la lampe du musée de Lyon à une divinité locale, ce n'est pas plausible sans autre donnée archéologique)

3- Martine Dulaey, professeur à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, Le chandelier à sept branches dans le christianisme ancien, slnd

 

lettre aux amis du sanctuaire du prophète Elie sept/octobre 2011

 

 

Cet exposé est offert au père Patrick Bernardin qui s'est endormi dans la joie de son Seigneur le 4 août 2011.

Père Patrick est entré dans la lumière alors qu'il méditait sur la lumière de la transfiguration, sujet de son dernier message.

                    Que cette Lumière brille sur lui et lui donne la Mémoire Eternelle.

                                            

 

Sans aucune équivoque possible, la Transfiguration conduit à la Croix et  la Croix mène à la Résurrection.

 

 La Transfiguration, disent les Pères, ne fut pas celle du Christ, car la Gloire de la divinité est présente en Lui de façon permanente, mais dissimulée, car les hommes n'auraient pu la supporter s'il s'était montré dans toute sa Gloire. C'est pourquoi le Fils de Dieu s'est incarné, a revêtu notre chair, l'assumant totalement, devenant Fils de l'homme (Ph. 2, 6 à 8).

La Transfiguration fut donc celle des apôtres par la puissance de l'Esprit Saint qui a illuminé leurs yeux intérieurs, transformant leurs sens corporels, afin de leur révéler la Gloire du Fils (Jn. 1, 14), le bien-aimé du Père, et ce qu'eux-mêmes et tous "les hommes mortels", sont appelés à devenir, en Christ, lors de son second et glorieux Avènement: des hommes transfigurés, déifiés"

 

                                                                                                           +   Père Patrick-Georges (Bernardin)

 

 

 

 

 

 

chandelier à sept branches